En écoute : « Migration », la sublime B.O d’un Bonobo en transit.

Le producteur compositeur et DJ Bonobo signe son retour avec Migration, l’album de la confirmation : Simon Green reste au sommet des musiques électroniques et demeure, plus que jamais, une inspiration. Avec un disque tour à tour mélancolique, lumineux, inquiet et luxuriant, Bonobo marie l’émotion à la technique pour créer la bande-son apaisante des petits matins et des grands crépuscules d’une humanité complexe.

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Une électronica poétique augmentée de samples de musique world, d’instruments traditionnels, de guitares et de voix invitées à sublimer le tout : le langage sonore de Bonobo est éclectique, sophistiqué mais limpide, aérien et sensible. Avec Migration, le compositeur reste fidèle à son style et pourtant, relève le pari de se renouveler.

A l’image de ses précédents albums, les artistes dont il s’entoure apportent un vrai plus à son univers. À l’instar des musiciens marocains du groupe Innov Gnawa (basé à NY) sur Bambro Koyo Ganda, un morceau d’une grande beauté qui vous guide tranquillement vers une transe un peu house un peu cosmique. Sans aucun doute le titre que l’on préfère avec Ontario. Mais ceci dit, Nick Murphy (quand Chet Faker change de nom) n’est pas mal non plus sur le très prenant-aux-tripes No Reason. 

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Bonobo explique lui-même le thème de Migration : « L’étude des gens et des espaces : la manière pour une personne d’être influencée par un endroit et inversement me passionne. Avec le temps, l’identité des espaces évoluent. » Une approche sociologique donc, mêlée de réflexions personnelles révélées à Simon Green par le décès d’un proche. « Ma famille et moi somme tous dispersés aux quatre coins du monde et finalement, les funérailles ont eu lieu à Brighton, où j’ai grandi. Je me suis demandé comment qualifier son chez-soi lorsqu’on bouge constamment. Est-ce là où l’on vit ? Ou alors là d’où l’on vient ?« 

Des questions liées à sa propre expérience puisque Green n’a cessé de migrer lui aussi. De Brighton à Londres où il perce dans le sillon de Ninja Tune, avant de quitter l’Angleterre pour les États-Unis, New-York puis Los Angeles où il vit aujourd’hui. Et si Bonobo ne développe pas clairement des questions géo-politiques en lien avec l’actualité, il est certain néanmoins que ce sixième album studio invite, voire incite, au voyage.

Du désert du Sahara à Kerala en Inde, jusqu’au Canada, Migration est l’album qu’il vous faut pour combler vos envies d’évasion. La B.O de vos rêves éveillés.

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Migration de Bonobo, sorti le 13 janvier 2017 chez Ninja Tune, disponible sur Bandcamp.

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