En écoute : la folk irréelle d’Ape in Pink Marble, le dernier-né de Devendra Banhart.

Parce que le temps s’y prête, on se fait une pause douceur et plaid au coin du feu avec Ape in Pink Marble, le dernier album de Devendra Banhart. Entre tropicalisme brésilien, jazz et folk irréelle, ce neuvième album épuré vous invite à pénétrer dans un monde fantastique, bercé par une voix fragile qui nous raconte des histoires un peu étranges.

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Si Ape in Pink Marble ne s’entoure que du strict minimum, l’imaginarium sonore de l’artiste n’a rien perdu de son charme.

 « Nous avons imaginé la musique d’un hôtel décati dans le Japon des années 1980. Derrière le comptoir, une femme prénommée Jackie fume une cigarette, un businessman à moitié bourré, la chemise tachée, se tient dans un coin, des gars en costard dans le lobby… C’est pour coller à cet esprit que nous avons loué un koto, un instrument japonais. Nous avons aussi eu recours à des synthétiseurs sur le point de mourir. On a l’impression d’entendre leur dernier souffle. Cela donne un son mélancolique proche du hautbois. », raconte Devendra Banhart, lors de la sortie de l’album.

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Affranchi de l’image de hippie freak-folk psychédélique et mystique qui lui collait à la peau, Devendra Banhart a rangé au grenier ses bindis et ses colliers excentriques pour se concentrer sur l’essentiel : sa musique. Endeuillé par la perte de quatre proches l’an dernier (amis, mentors, mais aussi son père), il s’est retranché chez lui, dans le quartier d’Echo Park à Los Angeles, pour peindre, faire du bricolage et composer la suite de Mala.

Pour ce neuvième album, il fait de nouveau équipe avec Noah Georgeson et Josiah Steinbrick, qui viennent tous deux d’être papas. Et il y a vraiment de ça dans Ape in Pink Marble : un minimalisme captivant et une douceur palpable, comme si Devendra Banhart chantait à côté d’un bébé endormi.

Malgré tout, la sobriété de cet album est aussi bien plus sombre que tout le reste.  Le compositeur, qui dessine lui-même les pochettes de ses albums, raconte : « C’est le dessin d’un pervers qui illustrerait un livre pour enfants. C’est horrible. Oubliez ça. Je dirais: « Si le purgatoire était un lieu agréable.« 

Devendra Banhart reste lui-même en fin de compte, et c’est bien comme ça.

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