Les 10 albums incontournables de l’automne

Parce que le temps file à la vitesse de la lumière ces jours-ci, Radio Ellebore vous offre une séance de rattrapage des albums indispensables cet automne.

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♥ – « Heads up » de Warpaint

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Autrefois sombre et narcotique, le quatuor féminin Warpaint se réinvente pour un troisième album sensuel enregistré à domicile avec l’urgence comme impératif de survie. C’est la méthode retenue par Warpaint pour enregistrer son troisième album, le bien nommé Heads up, composé et enregistré en quatre mois seulement. Le résultat ? Onze titres d’une sensualité perturbante et vénéneuse. Un territoire pop accidenté et pourtant lascif sous lequel viennent poindre des rythmique trip-hop (By Your Side) ou r’n’b (Dre).

Prenant ses distances avec la noirceur de ses deux premiers albums, le groupe vise désormais plus loin que le crépuscule : l’aube. Warpaint s’amuse, alterne caresses et morsures. De ces mélodies rénovées et hypnotiques se dégage une remarquable odeur de chanvre. “L’herbe a vraiment été un outil utile en studio. C’était nouveau pour nous d’enregistrer un album à la maison en fumant des joints”, s’amuse Kokal. Décidément, ces Californiennes sont du bon côté de la vie.

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♥ – « Black Focus » de Yussef Kamaal

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Yussef Dayes et Kamaal Williams ont fusionné leurs patronymes dans leur projet commun à l’image de leur conception du jazz : syncrétique, spontané, free. Nourris à la drum & bass, au grime et au dubstep de Londres, les deux compères s’allient depuis quelques mois dans ce duo claviers-batterie qui pioche sinon dans le groove, du moins dans l’esprit élastique du jazz-funk des années 70.

Black Focus, leur premier album, est fait de ce bois : improvisé, moderne, et surtout cool. Si le premier extrait dévoilé ci-dessus Yo Chavez plonge dans des ambiances enfumées et vacillantes, on trouve aussi une vraie chaleur sur le disque comme sur le funky « Lowrider » ou encore dans le morceau final « Joint 17″ où batterie et clavier se répondent comme jamais. Vous trouverez Black Focus sur le label de Gilles Peterson Brownswood Recordings.

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♥ – « Yes Lawd ! » de NxWorries (Anderson .Paak + Knowledge)

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Anderson .Paak et Knxwledge forment le duo idéal en tout point. D’un côté, un des chanteurs et rappeurs les plus en vue depuis 3 ans, de l’autre un beatmaker dans la pure tradition de J Dilla ; d’un côté la fraîcheur d’une jeune (méga)star, de l’autre les beats hip-hop aux essences funk et soul d’un producteur prolifique ; d’un côté, la fantaisie extériorisée d’un énorme showman (très appuyée pour cette collaboration), de l’autre l’autisme génial d’un beatmaker incontournable ; d’un coté, les chaussures cirées et brillantes, de l’autre des tatanes et une serviette sur la tête.

C’est donc une formidable complémentarité qui explique l’efficacité de Nxworries (prononcer « No Worries »). Au-delà de l’amour de la musique, c’est leur enfance respective sous la tutelle de la religion qui a sûrement influencée le titre de l’album « Yes Lawd ! », disponible chez Stones Throw depuis le 21 octobre.

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♥ – « A Seat At The Table  » de Solange

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Solange se cache derrière son prénom. Rien ne laisse penser qu’elle est la deuxième chanteuse de la famille Knowles, la soeur cadette de Beyoncé. Même s’il leur arrive de collaborer, elles suivent des voies divergentes en explorant la même veine musicale. Solange a choisi les marges. Elle ne court pas après les tubes mais veut s’imposer comme la figure de proue d’une soul moderne, déviante et radicale. Elle redistribue les cartes et s’entoure de musiciens aussi différents (et indépendants) que les Dirty Projectors, Blood Orange, Sampha ou Lil Wayne.

A Seat At The table, son troisième album, est une longue suite sophistiquée où les chansons semblent se fondre dans un souffle éthéré. Tout est paisible, tout est délicat, mais plus on se laisse porter par le flux de la musique, plus on en distingue les éclats et les aspérités, les accents de colère contre une Amérique où les Noirs n’ont toujours pas leur place, et encore moins de pouvoir. Le ton est tranchant, la musique libre et vaporeuse, un envoûtant patchwork de funk et d’électro, de jazz et de R’n’B porté à un haut degré d’incandescence par les magnifiques arrangements du génie rétro-soul Raphael Saadiq.

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♥ – « Promeneur » de Mathieu Boogaerts

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Deux décennies que Mathieu Boogaerts joue des mots, de leur sens et de leur son avec une poésie faussement naïve et un humour (sur)réaliste. Vingt ans déjà que l’auteur-compositeur-interprète partage, avec discrétion, sa sensibilité sans artifice et la singularité de sa voix douce. L’artiste a tourné et enregistré avec son modèle néerlandais Dick Annegarn, embauché à ses débuts le batteur nigérian Tony Allen, dialogué pendant trois sur la scène de la Java avec le bassiste Zaf Zapha, écrit pour Camelia Jordana, Luce, Vanessa Paradis… A l’instar de Philippe Katerine et Dominique A, Mathieu Boogaerts s’est créé un univers à part. L’artiste s’est isolé, à la montagne, le temps d’enregistrer les dix ritournelles de son septième album Promeneur.

C’est seul que Mathieu Boogaerts a enregistré cette nouvelle balade où l’on déambule avec bonheur au gré des chemins sinueux des sentiments de l’auteur. Excepté deux violonistes qui l’ont rejoint une journée, Boogaerts s’accompagne ici à la guitare, aux bongos ou au piano. L’espiègle chanteur, qui a beaucoup voyagé, aime rythmer ses mélodies délicates de touches exotiques, de paysages colorés qu’il emprunte avec légèreté pour nous conter sa vision du monde.

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♥ – « Black America Again » de Common

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Après la sortie de Nobody’s Smiling en 2014 et son Oscar remporté avec John Legend pour le titre « Glory« , Lonnie Rashid Lynn, Jr. alias Common vient de publier son nouvel album Black America Again, un titre en réponse directe au slogan de campagne de Donald Trump (« make America great again« ). Le rappeur y revisite l’histoire noire-américaine en compagnie d’une pléiade d’artistes comme John Legend, Anderson .Paak, The Internet ou Jay Electronica. Common signe un nouveau bijou de hip-hop soul-jazz dont il a le secret.

Activiste depuis la première heure, Common s’est déjà battu sur tous les fronts, contre l’intolérance, pour l’éducation des enfants et des minorités. Avec « Black America Again« , le rappeur délivre une vidéo glaçante d’un titre puissant qui fustige les violences policières et le racisme institutionnalisé. Un titre produit par Karriem Riggins et Robert Glasper, enregistré avec Stevie Wonder, Esperanza Spalding à la basse, J Rock au scratch, Patrick Warren au violon, Chuck D et MC Lyte.

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♥ – « Endtrospective » de DJ Shadow

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En 1996, DJ Shadow sortait Endtroducing, son premier album uniquement composé de samples et fer de lance d’une discographie depuis bien nourrie. Les années passent et le disque ne prend pas une ride, n’appartenant à aucune catégorie en bravant les limites du hip-hop, de l’electronica et même du trip hop. Le long format fête ses vingt ans cette année et pour l’occasion, le producteur américain a tout prévu.

Un package anniversaire donc est sorti le 28 octobre sur le label Island Records et contient trois disques : l’album original, une compilation d’inédits (bootlegs, versions live) Excessive Ephemera et un album de remixes. Intitulé Endtrospective, ce dernier offre des versions de certains titres du premier album signées Teeko, Lee Bannon, Bondax & Karma Kid ou encore Hudson Mohawke.

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♥ – « The Beautiful Game » de Vulfpeck

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Vulfpeck, c’est ce groupe génial qui avait vendu du silence avec Sleepify sur Spotify pour payer sa tournée. Un an quasi jour pour jour après la sortie de Thrill Of The Arts qu’on avait déjà adoré et écouté en boucle, Vulfpeck est de retour en très grande forme avec The Beautiful Game. Ce groupe, qui redonne ses lettres de noblesse à la soul et à la funk old-school, continue de surprendre par son jeu magnifique. Le clavier est toujours aussi délirant. Ça bouge plus qu’un jardin d’enfant sous MDMA. Plus groovy, tu meurs. Tout chez Vulfpeck est à écouter d’urgence.

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♥ – « All Wet » de Mr Oizo

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All Wet est le sixième album du réalisateur et musicien français. Et le premier qu’il rate un peu. Peut-être parce que Oizo s’y essaie à une sorte de rationalisation de l’excentricité qui faisait jusqu’ici tout son génie. Il avait toujours fait ses disques à l’arrache. Ou c’est en tout cas l’impression qu’il avait toujours donnée. C’est même d’ailleurs pour cette raison qu’on les adorait depuis « Flat Beat » et « Analog Worms Attack » en 1999. Sa musique simultanément naïve, nihiliste et cynique n’imitait personne et personne n’arrivait à l’imiter.

Et c’est donc bien pour ça qu’on est déçu de découvrir que sur son sixième album, All Wet, Oizo a visiblement décidé de devenir un mec organisé. On sent les constructions mieux pensées, les couleurs plus harmonieuses, les accidents moins imprévisibles. Alors, certes, on écoute de la très très bonne musique de club, et d’ailleurs Oizo a invité plusieurs figures du genre (Skrillex, Charlie XCX, Boys Noize, Siriusmo) à participer mais il y a quelque chose de troublant à entendre le Français respecter des codes dont il s’était vraisemblablement toujours fichu jusqu’ici. Du coup, on dirait que la fameuse « patte » Oizo y sonne comme imitée, factice. MAIS qu’il ait su le préserver sur ses cinq albums précédents tient déjà du miracle – et qu’il décide de passer à autre chose n’a évidemment rien d’un crime artistique. Et puis c’est bien quand même. Bisou !

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♥ – « xxx » de Pussy Riot

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Le clip du très punk « Make America Great Again » est le troisième sorti ces derniers jours par les Pussy Riot. Sulfureuse, provocante et perturbante. La vidéo met en scène les activistes grimées en Donald Trump et dépeint une Amérique qui humilie et viole les membres du groupe, les marque au fer rouge quand elles sont trop grosses ou qu’elles subissent un avortement, allant même jusqu’à mesurer la taille de leur poitrine pour voir si elle répond aux critères minimums de taille imposés par Donald Trump. Par la voix de leur plus charismatique représentante Nadejda Tolokonnikova, les Pussy Riot s’en prennent aussi aux positions extrêmes de Donald Trump sur l’immigration.

Dans « Organs« , l’une des activistes est plongée dans une baignoire remplie de sang, tandis que le clip « Straight out Vagina » illustre le pouvoir sexuelle de la femme, avec des hommes en talons aiguilles et des femmes qui montrent leurs muscles. Les trois titres seront intégrés au mini-album qui doit sortir aujourd’hui, appelé xxx, en allusion à l’industrie pornographique combattue avec acharnement par ces féministes. Une trame sonore d’actualité.

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