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Populaire, de Régis Roinsard avec Romain Duris, Déborah François, Bérénice Béjo, Eddy Mitchell, Miou-Miou…

J’ai trouvé pour vous cette semaine la meilleure des thérapies : Populaire. Si le cinéma a un jour pu soigner les hommes, c’est ce film de Régis Roinsard qui l’illustre le mieux. Avis aux grincheux, déprimés et aigris, nous sommes en présence du plus parfait des feel good movie. En 1959, être secrétaire c’est moderne et taper sur un clavier c’est une avancée. Rose Pamphyle, entrainée par son patron Louis Échard va partir à la conquête du monde grâce à son talent de dactylo. Ce film piétine le féminisme, fait la part belle aux plus anciens relents machistes ; mais le charme l’emporte.

Qu’est-ce qui crée le charme dans un film ? Je me suis demandée tout au long de la séance pourquoi j’avais ce sourire si béat, ce rire si facile alors même qu’on me décrit une femme dont le rêve est de réaliser les désirs d’un homme; alors même que je connais le scénario en ayant seulement vu la bande annonce. Le charme justement, c’est ce qui est tellement séduisant que tous les défauts disparaissent.

C’est d’abord le caractère jouissif de la reconstitution. Si Populaire est un petit film français qui sera certainement distribué en Europe mais ne fera pas le tapage d’un The Artist, je n’ose imaginer le budget qu’il a réussi à amasser. En terme de décors, de coiffures, de costumes, d’accessoires, le film est un bijoux. Chaque détail est un régal, chaque plan fourmille de mille références. Pas besoin d’être né ou d’avoir vécu dans les années 50 pour saisir le charme rétro de cette comédie romantique.

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Cependant, la reconstitution ne serait rien sans le travail du chef opérateur. Guillaume Schiffman (habitué des films de Michel Hazavanicius) signe une image désaturée mais ultra colorée, des lumières toujours au profit des comédiens et je l’admets, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas vu une scène d’amour aussi belle en terme de cadre et de lumière. Il parvient à donner à Déborah François le grain de peau, et la luminosité d’une de ces actrices blondes platine des films des années 50 : Grace Kelly, Kim Novak…

Oui, le charme de ce film tient beaucoup de ses comédiens. Les deux personnages principaux bien sûr dont on connaissait déjà la beauté ; mais aussi les rôles secondaires. Quel plaisir de voir Eddy Mitchell revivre ces années 50 qui ont inauguré sa carrière. On apprécie même le caractère manichéen et exagéré de certains personnages stéréotypés comme « la rivale », ou encore « l’américain. »

Car finalement, ce qui fait vraiment le charme de ce film, c’est qu’il flatte en nous tout ce que l’on connaît et reconnaît. Chaque image sollicite la mémoire et permet de retrouver le plaisir des choses perdues. C’est une madeleine de Proust revisitée, déjà vue, mais efficace.

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