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La Part des anges de Ken Loach avec Paul Brannigan, John Henshaw, Roger Allam, Gary Maitland

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L’union fait la force 

Dans les premières minutes du film on découvre chacun des personnages, de façon isolée, lors de leurs jugements. Ils paraissent seuls, perdus, ivres, stupides, et provocateurs. Pourtant, ces électrons libres réunis par le travail d’intérêt général deviennent peu à peu un atome, un véritable groupe : soudé et efficace. Ken Loach a le pouvoir de filmer sans aucune gêne ni soucis de vraisemblance la véritable fraternité, l’entraide et l’amitié. Cela fait naître chez le spectateur une grande sympathie pour ces quatre pommés qui cherchent à tout prix à s’en sortir par une énième arnaque. Ainsi, il est regrettable que cette sympathie porte principalement sur le personnage de Robbie, beaucoup plus développé que les autres, pâles compagnons de fortune.

La morale du robin des bois

Néanmoins, si le film attire une extrême sympathie pour ses jeunes personnages, c’est en raison du dispositif de l’arnaque. Si l’on résumé, quatre personnes pauvres et démunies souhaitent voler un whisky à des milliardaires prêts à payer des sommes astronomiques pour un simple breuvage. Robin des bois n’aurait pas fait mieux, voler aux riches pour rendre aux pauvres, la fin justifie les moyens. Ici, libre à vous de vous faire votre opinion. Soit votre sympathie est telle pour les personnages que vous cautionnez leur geste en allant même jusqu’à penser que ça y est ils sont sortis de la misère. Soit vous avez toujours en tête la chronique sociale et vous pensez, comme moi, que ces quelques milliers de livres ne les empêcheront pas de se tromper et de se casser la gueule, encore. Ken Loach tente d’échapper au misérabilisme et au déterminisme social par la comédie, mais le film ne fait pas suffisamment rire, les personnages sont trop inégalement développés pour que l’on croit vraiment en une rédemption. 

Finalement, c’est un film en demie teinte. On retrouve la toile de fond des plus beaux films de Ken Loach (Sweet sixteen, Just a kiss…), filmée avec une simplicité et une honnêteté très touchante. Mais en se penchant vers la comédie, le film manque ses deux objectifs, passe à côté des deux genres : le désespoir de la chronique sociale et le rire de la comédie…

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