L’été indien aura bien lieu : Allah-Las est de retour.

Le quatuor de Los Angeles revient avec Calico Review après deux années d’absence qui nous ont paru longues comme un hiver sans fin. Les Allah-Las nous offrent un nouveau trésor de pop sunshine, de surf music et d’envolées psychées en dignes héritiers d’une longue tradition allant des Seeds aux Beach Boys. Avec ce nouvel album, ces quatre enfants de l’endless summer californien dépoussièrent mieux que personne le souvenir d’un âge d’or des sixties. Avec juste ce qu’il faut de nostalgie et de distance, et toujours la même élégance.

 Il faut dire qu’ils s’y connaissent. Car Allah-Las, c’est d’abord l’histoire de trois surfeurs devenus disquaires devenus musiciens. 

Ils ont fait leurs classes chez le mythique disquaire de Los Angeles, Amoeba Music, alors qu’ils étaient étudiants. C’est là, parmi les 250 000 disques en provenance des cinq continents, qu’ils ont un jour décidé d’ajouter un intercalaire de plus, à la lettre A, tant qu’à faire.

« Nous étions des vendeurs dans ce lieu qui est plus qu’un magasin mais une véritable agence matrimoniale pour musiciens », raconte Spencer Dunham, le bassiste. « A force de voir tous ces groupes se former sous nos yeux, souvent après avoir découvert des albums grâce à nos conseils, on s’est dit qu’on pouvait en faire autant.« 

Quelques mois à peine après ses débuts en 2008, le quatuor a déjà un public et bientôt un producteur : Nick Waterhouse, un fou de musique mais de vieilleries soul, qui donnera son savoir-faire aux Allah-Las. Alors très vite, ils prennent la porte de service d’Amoeba Music pour y revenir par l’entrée principale, à quatre car rejoints entre temps par Miles Michaud (guitare/chant) et couronnés du succès qu’on leur connaît depuis.

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiallah

Les quatre membres de Allah-Las ont enregistré Calico Review à Los Angeles, dans les studios historiques Valentine Recording qui viennent tout juste de rouvrir leurs portes après trente ans de silence. Poussant même la nostalgie jusqu’à utiliser des équipements d’enregistrements qui ont servi à la confection du fameux Pet Sound des Beach Boys en 1964. Et tout est là.

Ecouter Calico Review nous fait l’effet d’un road-trip au volant d’une Dogde Challenger écrasée par le soleil sur une route du désert californien. Quand soudain, l’océan. Les Allah-Las ont véritablement percé le secret d’une pop solaire, légère, comme libérée de la nervosité du rock. Toujours très bien soutenue par leurs harmonies vocales qui s’incurvent et s’enroulent à la manière des vagues et la clarté mélodieuse de leurs guitares vintages tout droit sorties des 60’s. Et enrichie de lignes délicates de violon, d’orgue, de mellotron ou de thérémine.

Ce troisième album confirme une intuition : le surf garage pop rock psyché wave californien est entre de très bonnes mains. 

Bonus : comme s’ils ne voulaient pas abandonner leur premier métier de disquaires, les Allah-Las livrent désormais leur immense culture musicale dans un podcast hebdomadaire, Reverberation. Vivement recommandé.

Allah-Las sera en concert au Regent Theater à Los Angeles le 8 octobre prochain (on sait jamais) et en France pour une date unique le 24 octobre au Cabaret Sauvage à Paris. 

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