Angel Olsen : la claque folk mais badass de la rentrée.

Sur Burn Your Fire For No Witness en 2014, Angel Olsen chante déjà admirablement l’abandon absolu et le chaos qui couve, des mélopées de sirènes folk poignantes, pleines de failles et de relief. Héritage si l’on veut de Cat Power, Hope Sandoval ou Jefferson Airplane. Deux années et des milliers de kilomètres en tournée plus tard, Angel Olsen hyptonise toujours avec My Woman, son troisième album, paru le 2 septembre dernier chez Jagjaguwar.

Puissant.

Avant de devenir la nouvelle coqueluche de l’indie folk américain, cette ex-serveuse de Chicago a longtemps marché à l’ombre. D’abord de la sienne, quand elle réservait l’exclusivité de ses chansons au miroir de la petite chambre d’enfant de son Missouri natal. Puis de celle d’une église, avec une expérience farfelue au sein d’un groupe de ska punk chrétien (car oui, ça existe). Enfin de celle d’un Will Oldham qui lui apprend le métier, choriste qu’elle est dans son projet folk Bonnie Prince Billy.

En 2011, Angel Olsen se décide et publie son premier EP, Strange Cacti. Là, tout s’accélère : Angel Olsen rencontre un début de succès avec une poignée de singles accrocheurs, et elle n’arrêtera plus de composer. Son nom circule alors sous le manteau de quelques oreilles avisées, mais c’est avec son deuxième disque, Burn Your Fire For No Witness, que l’Américaine envoûte le monde.

FACE A.

Folk okay, mais pas niaise pour autant. Angel Olsen aime à célébrer l’histoire de meurtres sanglants à base d’ambiances fantomatiques et de synthés fuyants. Certaines de ses chansons savent aussi sortir leurs griffes quand c’est nécessaire, à grand coups de riffs abrasifs. Elle frappe, tord et explose autant qu’elle peut quiconque se trouve sur son chemin, d’un air (presque) apaisé.

Dans « Intern« , le premier titre de l’album, elle s’en prend aux médias (qu’elle déteste) en répliquant à un journaliste juvénile qui lui tend le micro qu’elle se fout de ce que disent les journaux, qu’il n’est d’ailleurs qu’un stagiaire. Avec « Shut Up and Kiss Me » aussi, drôle et enragé, où elle chante « stop pretending I’m not there / When it’s clear that I’m not going anywhere / If I’m out of sight take another look around » avant de bondir et de vous clouer avec sa perruque à paillette digne de Dolly Parton, son idole.

Le titre « Not Gonna Kill You » opère une transition rock et rage très PJ Harvey vers la face B de l’album, plus lente et plus introspective.

FACE B. 

My Woman porte aussi en son sein autant de tristesse, de douleur et d’espoir qu’il y en a chez Angel Olsen. Frissons, quand elle explore son expérience de la féminité sur le brillant « Woman« , un titre fleuve renversant soutenu par une basse imprenable et une réflexion sincère : « It’s the complicated mess of being a woman and wanting to stand up for yourself, while also knowing that there are things you are expected to ignore, almost, for the sake of loving a man« .

Et puis, du bout de l’écho vintage de sa voix, la chanteuse déploie un autre visage d’elle-même : adoptée à l’âge de trois ans, la chanteuse questionne ses plaies sur les presque huit minutes de « Sister » et sur « Pops« , le bouleversant titre final. Tout dans son spleen est magistral, rétro et sensuel. Avec un quelque chose d’une Lana del Rey du Midwest.

My Woman confirme tout le talent d’Angel Olsen dont le nom est à présent synonyme d’une voix et d’un univers singulier, enrichis disque après disque. Pour les plus envoûtés d’entre vous, elle sera en concert à la Gaîté Lyrique le 4 novembre prochain, à Paris.

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