De La Soul surprennent encore avec « And The Anonymous Nobody ».

En 1989, De La Soul est en avance sur son temps et déjà, crée la surprise avec 3 Feet High & Rising, un premier album dansant, drôle et organique, cassant tous les codes du gangsta rap alors en vogue. Encore étudiants à Long Island, ils osent mettre des fleurs sur leurs pochettes, sampler la pop anglaise et se moquer des bad boys bling avec « Me, Myself & I » devenu un classique.

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Presque trente ans plus tard, et douze ans après The Grind Date, De La Soul ne révolutionne plus mais continue d’étonner. D’abord parce qu’And the Anonymous Nobody a été financé via une campagne de financement participatif sur Kickstarter, collectant plus de 600 000$ en moins de 24h (du jamais vu). Les fans du groupe leur ont ainsi offert une promo royale, une indépendance totale côté production, la possibilité d’inviter musiciens de haut vol en studio mais aussi l’occasion de pouvoir réunir un casting XXL : Little Dragon, Snoop Dog, Usher, 2 Chainz, Roc Marciano, Pete Rock, Damon Albarn, David Byrne, Jill Scott ou encore Estelle.

Entrer dans ce huitième album, c’est prendre une route sinueuse et parfois un peu chaotique entre des tentatives pop (« Here in After », « Lord Intended »), des beats bien lourds (« Whoodeeni »), une soul qui a des choses à dire (« Memory of … U »S), des déceptions (« Snoopies »), des tubes (« Pain ») mais aussi de très bonnes surprises à l’image de cette collaboration plutôt inattendue avec les suédois de Little Dragon sur « Drawn ».

« Un anonymous nobody est quelqu’un qui fait face aux difficultés, accepte les challenges, répond présent au bon moment sans se soucier des récompenses. Il est là pour la cause. Permettre à la musique de prendre différentes directions, à jouer de différentes choses. C’est déjà quelque chose aujourd’hui »

Oui mais trop de feat. ne tuerait-il pas le feat. ? Car les cinq titres où Dave Jolicœur, Kelvin « Posdnous » Mercer et Vincent « Maseo » Mason posent leur flow à l’ancienne, apportent une énorme respiration à l’album. Sauvés de la noyade in extremis par ces courtes retrouvailles enfin seul à seul.

And The Anonymous Nobody est en tout cas la preuve que De La Soul est en phase avec son époque, celle de la mixité sonore.

Selon eux, la maison hip-hop est en danger. « Trop de médiocrité, pas assez de diversité, pas assez de compétition entre les MCs », résumaient Dave, Pos et Maseo avant la sortie de l’album. Entendent-ils qu’eux ont relevé le niveau ? Pour réponse, « Exodus » conclue l’album sur ces mots : « Saviors ? Heroes ? Nah / Just common contributors / Hoping that what we create / Inspires you to selflessly challenge and contribute / Sincerely, anonymously, nobody ». Amen.

Quant à ceux qui voudraient en savoir plus sur l’histoire de ce huitième album, De La Soul publie également un documentaire qui revient sur leurs doutes et leurs espoirs face aux dons de leurs fans, mais également sur la gestation de ce nouvel opus et sur le rapport du trio au hip-hop en général. Le tout entrecoupé d’extraits de l’album, pour ceux qui n’auraient pas encore pris la peine d’y jeter une oreille !

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