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Diplomatie, de Volker Schlöndorff

 

Après avoir volé les œuvres d’art européennes dans le prochain Clooney (The Monuments Men), Adolf Hitler voulait aussi détruire Paris jusqu’à son anéantissement total. Pourquoi ? Tout simplement parce que Berlin était en ruine et que la capitale française resplendissait malgré la guerre. Pas par stratégie politique donc, mais par jalousie. Le général nazi Choltitz est responsable de cette opération, mais le consul Nordling intervient chez lui la nuit du 24 août 1944 pour tenter de l’en dissuader.

 

Personne mieux que Dussolier et Arestrup ne pouvaient interpréter ce Consul et ce Général. Et ces derniers ont très bien fait de reprendre leurs rôles dans cette aventure historique, commencée sur les planches en 2011. Pour les amateurs de septième art, il est assez jouissif de voir deux monstres du cinéma se donner la réplique avec une telle aisance et une telle maîtrise interprétative. Déjà juste pour cette raison, nous nous devons d’aller voir Diplomatie.

 

Tiré d’une pièce de théâtre, il est cependant regrettable de voir que le récit sort quelquefois de l’appartement pour prendre la direction des rues parisiennes. Car c’est en s’éloignant de cette pièce que cette œuvre perd de son intensité. Diplomatie n’aurait pu s’en tenir qu’à cette unique salle pour nous enfermer dans un terrible huit-clos suffocant, où se jouerait l’avenir de la France et du monde. On peut utiliser en effet le conditionnel car une autre interprétation est possible. Le consul Nordling, débarquant comme par magie d’un escalier secret, n’est peut-être jamais venu cette nuit-là. Grâce à la subtilité du jeu d’Arestrup, son personnage paraît à la fois odieux et humain, et ce serait ces deux facettes psychologiques qui se répondraient l’une et l’autre durant une heure et demie. À vous maintenant de juger de la bipolarité humaine…

 

Au-delà ce ce fait historique, cette adaptation rend hommage aux pouvoirs des mots et à la science de l’argumentation. Comment, en l’espace d’une nuit, pouvoir persuader un homme aux convictions certaines ? Demandez à André Dussolier, toujours aussi persuasif et habile avec les mots au fur et à mesure que les années passent. Liés à ce sujet complexe et souvent revisité au cinéma, des thèmes bien connus sont soulevés. Comme la question de savoir si l’homme doit obéir à tout ce qu’on lui dit, et ce malgré les conséquences que cela engendre (Eichmann). Pour cela, nous vous laisserons voir Hannah Arendt, confirmant que les films entre eux ne font que se répondre sans cesse.

 

Hugo Harnois.

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