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Arrête ou je continue, de Sophie Fillières

 

Pierre et Pomme sont en couple depuis quelques années déjà. Sauf que voilà, décidément, rien ne va plus entre eux. Ils ne se parlent plus, ne se comprennent plus, et si Pierre reste dans le déni, la situation ne convient pas à Pomme. Lors d’une sortie en forêt, après une unième dispute, c’est décidé, elle ne rentrera pas avec Pierre. Elle dormira dans la forêt, et ce jusqu’à nouvel ordre.

 

On connait depuis longtemps le couple Amalric/Devos. Déjà chez Desplechin (Comment je me suis disputé ma vie sexuelle, Rois et Reines…), ils apparaissaient comme un couple tourmenté qui, incapables de se dire « je t’aime » se le prouvaient par les coups et les insultes. On les retrouve alors ici, dirigés cette fois par une femme et ça change tout.

 

Si Sophie Fillières a casté les deux acteurs français les plus talentueux de leur génération, il faut désormais les faire inter-agir, et là, ça s’avère nettement plus complexe. Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric excellent dans les séquences où ils sont seuls, mais ensemble, il y a quelque chose qui ne passe pas. Tout d’un coup, cela sonne faux. Bien entendu, c’est le but du film de montrer deux individus qui réunis ne communiquent plus et ne se sentent pas à leur place. Seulement, la différence grossière de leur jeu peut très facilement dérouter le spectateur. On se demande un instant si Emmanuelle Devos n’a pas oublié de savoir jouer, et on se rappelle que non, quand même.

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Ainsi, ce jeu d’acteur un peu hésitant influe directement sur le rythme. Dès lors qu’elle met un pied en forêt, on prend conscience que ça va être interminable. De manière très classique, on alterne alors les plans sur un Amalric seul et visiblement affecté, et une Devos combattante qui survit très bien dans sa condition de Walden jusqu’à ce qu’elle décide, d’elle-même, de revenir à la vie civilisée.

 

Le film tient sa force dans les dialogues piquants écrits par la réalisatrice elle-même. Devos et Amalric entretiennent des discussions sans queue ni tête qui peuvent facilement vous faire sourire, peut-être même rire.

 

Sophie Fillières signe ici un petit film pas inintéressant sur la crise dans un couple. Cette ode à la fugue féminine et à l’indépendance qui sent bon le Rhône-Alpes et la nature, a au moins le mérite d’être rafraichissante.

 

Barbara Cornuaud

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