Yves_Saint_Laurent

Yves Saint Laurent, de Jalil Lespert

Vous pensiez en avoir fini avec la mode des biographies en tout genre ? Et bien vous vous trompiez car elles continuent de déferler dans nos chères salles obscures, pour le meilleur et pour le pire. Pour son troisième film, le réalisateur des Vents contraires a choisi de nous parler de l’un des plus grands couturiers français, Yves Saint Laurent, interprété par une étoile qui monte, Pierre Niney. Alléchant.

 

Il faut se méfier des films dont on entend trop parler avant leur sortie, car ils peuvent faire beaucoup de bruit pour rien. Même s’il ne brille pas, Yves Saint Laurent ne fait pas partie de ces œuvres en étant intéressant pour le traitement que Jalil Lespert fait de ses personnages. Le compagnon Pierre Bergé est peut-être plus intéressant qu’Yves Saint Laurent lui-même. Car si nous ne sommes pas surpris par ce dernier, restant prévisible dû à son statut d’artiste dépressif (le jeune innocent arrivant au sommet de sa gloire, finissant par tomber dans la drogue et l’alcool), le premier reste fascinant. Homme de l’ombre du couturier, il tient la promesse qu’il a faite à son ami : celle de rester auprès de lui quoiqu’il arrive, comme quoi l’amour peut être un formidable moteur.

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Mais sur la longueur, son film peine à prendre du relief et de la grandeur, se révélant assez anecdotique. Lespert a en effet décidé de privilégier son récit sur la vie intime de Saint Laurent, au détriment de son travail d’artiste. Et en brassant plus d’une vingtaine d’années de son existence, on a parfois l’impression d’assister plus à des séquences brèves de sa vie qu’à un véritable vécu. On ne peut cependant enlever au réalisateur la réussite des séquences de défilés (notamment la dernière, brillante), relevant le génie d’un artiste en proie à de nombreux doutes.

 

Pour finir, il faut avouer que le genre biographique a une qualité indéniable : celle d’avoir, la plupart du temps, d’excellents comédiens pour incarner la personnalité choisie. Du haut de ses vingt-quatre ans, Pierre Niney est formidable de maturité en interprétant le couturier. Face à lui, Guillaume Gallienne oublie son côté extraverti pour camper un homme parfois triste, souvent amoureux. Un duo remarquable. 

 

Hugo Harnois

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