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Festival du film d’animation d’Annecy : Jour 5, Les derniers soubresauts.

 

Quand je parle d’évènements, le mot est faible. Pour les initiés de l’animation, la séance de dédicace et la conférence de Bill Plympton, géant de l’animation indépendante américaine, aura fait l’effet d’un petit séisme. Même si ce grand roux, tout gentil qui a l’air tout droit sorti du connecticut, n’a pas de films en compétition cette année ; son œuvre et sa notoriété suffisent. Ce cartooniste et réalisateur a remporté deux fois le grand prix du long métrage à Annecy, et même le prix canal+ du court métrage à Cannes. Bref, un talent indéniable, et reconnu.

 

Pour les mélomanes, le festival avait aussi une surprise : le concert évènement de Dionysos au décavision à midi pour faire la promotion des premières images (le film n’est pas terminé) de la Mécanique du cœur : long métrage d’animation adapté du roman de Mathias Malzieu, chanteur du groupe. Le réalisateur était membre du jury officiel l’an dernier et avait déjà présenté son projet dans une conférence de Work in Progress. La conférence avait le mérité d’être un vrai travail de présentation de l’élaboration d’un long métrage d’animation, et pas seulement un coup de pub qui jouerait sur la notoriété du groupe Dionysos pour vendre le film de son chanteur. La démarche me dérange, mais le public a adoré, alors je m’incline.

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 Enfin pour ceux qui sont friands de culture people, à l’affut des expositions médiatiques pour guetter les éventuels faux pas ; le MIFA recevait hier la visite d’Aurélie Filippetti, ministre de la culture. Mis à part « il y avait pleins de gardes du corps », « elle a fait un tour et c’est tout », « y’avait pleins de caméras et de photographes, c’était chiant ». Je n’ai pas réussi à tirer grand-chose de sa visite. Ceci dit, ce n’est pas propre à Aurélie Filippetti, Frederic Miterrand en son temps était venu aussi, et avait laissé sensiblement la même impression. C’est le mal du ministre. Je ne sais pas si le fait de venir sur les festival se montrer leur permettra de mieux comprendre les difficultés économiques, la concurrence et la précarité de ces métiers de l’intermittence. Espérons-le.

 

En tout cas, après tant d’émotions, plusieurs choix s’ouvraient aux festivaliers et néophytes : investir le pâquier enfin sec après une journée de soleil pour regarder Hôtel Transylvania, et/ ou aller boire un verre en ville. Hier soir, toutes les terrasses, tous les bars, chaque échoppe ayant une licence pour vendre de l’alcool a été prise d’assaut. Impossible de se frayer un chemin pour boire ne serait-ce qu’une bière. Mais l’ambiance était génial. C’était Annecy comme je l’aime : vivante, bruyante, enivrée et enivrante. Tout le monde se disait au revoir avant la dernière journée. Samedi et Dimanche les départs seront nombreux. Mais tout ce petit monde se retrouvera l’an prochain, comme toujours.

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